Apprendre 20…50

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Grown up Digital, Don Tapscott / Net Generation / Génération Y

Si vous voulez éduquer la jeunesse en 2010, il ne faut pas aimer les méthodes de 1950, mais aspirer à formuler celles de 2050.

(J’avais envie d’un billet extrèmement court :-) .

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Les élèves deviennent producteurs dans le processus d’enseignement : Marshall McLuhan dans un interview de…. 1971 !

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Pour continuer la réflexion sur l’enseignement, voici un vidéo d’un interview de Marshall McLuhan (Canada, 1911 – 1980; voici un deuxième texte sur l’homme) et qui parle, vers la fin de cet extrait, du rôle des élèves dans le processus d’enseignement. Ce qui est hautement intéressant de cette histoire, c’est que l’interview date de 1971, et fait partie d’une réflexion sur “the medium is the message” (le médium est le message).

McLuhan : The medium is the message (interview 1971)

Il dit dans l’interview: “the learning process is now something children expect to participate, not just as consumers, but as producers. And they get this from TV. TV is in a ‘par excellence’ way a medium of processes.”

Ou, en bon français : “Nos enfants attendent de participer au processus d’apprentissage, non seulement en tant que consommateurs, mais en tant que producteurs. Et cela vient de la télé : la télé est, par excellence, un medium de processes.”.

A refléchir, 38 ans après les paroles !  :-).

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Pourquoi ne demandons nous pas aux jeunes d’apprendre aux profs ?

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Je suis une fan absolue des conférences de TED (“Ideas Worth Spreading” : Idées qui méritent d’être diffusées). Le 20 novembre, j’ai essayé de partager un peu de cette excitation lors des TEDxAmsterdam. Vous pouvez regarder sur http://search.twitter.com avec le mot clé #tedxams pour voir le flux qui s’est produit lors de cette conférence, et vous trouverez des commentaires de moi en français. (Car au fond de moi j’espère bien évidemment que le TED se déroulera à Paris un jour, ou, encore mieux : en province, comme pour souligner les pensées “out of the box”.)

Et à chaque fois je suis particulièrement touchée par les conférences de Pranav Mistry, qui a inventé le “Sixth Sense”. Aujourd’hui, j’ai regardé une conférence récente de ce jeune inventeur (cf le vidéo ci-dessous – il n’existe pas encore en français, mais les images sont parlantes !).

L’espoir et la vision sur le tandem “technologie – humanité” qui émanent des paroles et de la personne de Pranav Mistry sont, en ce qui me concerne, de véritables enjeux pour l’avenir.

Apprendre à interpréter le web
Ce vidéo m’a fait penser qu’il est infiniment dommage que nous ne demandons pas à nos jeunes d’instruire leurs professeurs dans la lecture de ce qui se passe sur le web. Car on parle beaucoup de “il faut leur apprendre à interpréter”, mais puisque la majorité des professeurs ne sont pas des habitués du web pour commencer, il est improbable qu’il soient capables d’apprendre à interpréter aux autres…

Experts vs amateurs
Une des caractéristiques du web 2.0 est la disparition, ou encore, une autre définition des concepts “expert”
vs “amateur”. Ce sont de véritables questions qui méritent un peu plus d’attention que de simples “il faut que..” ou “yaka…”. Enjeux, opportunités, changement de métiers, bref, il y a de quoi s’intérroger.

Dans l’enseignement, le professeur est la personne “experte” et l’élève la personne qui doit apprendre. L’enseignant se trouve dans encore beaucoup de cas devant la classe, les élèves côte à côte, dans les rangs. Debout vs assis. On est comme dans une émission téle, en quelque sorte. Les professeurs demandent une attitude active des élèves, mais les télés ne le permettent pas vraiment.
Les élèves, de leur côté, sont habitués à faire de l’interaction, du partage, du collaboratif, avec leurs petits écrans : téléphones mobiles et ordinateurs.

Ils sont les experts dans l’utilisation des outils qui permettent aller sur le web. Ils sont, pour une bonne partie, également des experts du web : ils sont contributeurs, lecteurs, ils partagent, ils créent, ils vivent une partie de leur vie en ligne.
Les professeurs n’ont pas vraiment la culture du web *). Certes, il savent utiliser un ordinateur, mais ça reste pour beaucoup d’entre eux une machine en dehors de leur expérience physique.

Il me semble donc qu’il y a là une énorme chance de faire avancer les choses, pour ceux qui l’osent ! Osent se mettre ouvertement dans la position de l’élève, de celui qui a à apprendre. Qui ose faire des erreurs, des faux pas. Partager les succès et passions pour ce qui se passe sur le web.

Le plus grand plus dans cette histoire ?
Du respect mutuel, l’apprentissage de comment devenir adulte (car portant des responsabilités) et la possibilité que les professeurs pourront véritablement discuter avec leurs élèves sur le web à long terme, les responsabilités en ligne, la lecture des signes, l’interpretation. Offrir une ouverture aux élèves comme aux professeurs.

*) Excusez-moi pour ceux qui sont professeurs/enseignants ét expert du web :-) .

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L’école et le “branding de la promesse” : quand l’école s’investit dans les réseaux sociaux…

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Dans l’ère où les frontières entre l’espace ‘travail’ et l’espace ‘privé’  s’estompent, on peut se demander pourquoi l’école ne s’intéresse pas plus que cela à cette espace ‘privé’. Là où les conversations se passent entre utilisateurs, pour l’instant le plus souvent entre élèves exclusivement…

Lu sur un blog aujourd’hui :

Today brands are being defined by conversations. Brands are defined by what people say about the firm. Is this how your firm is engaging clients?

If the brand for any architecture or engineering firm consists of a set of promises, isn’t it the company that decides the promises? Yes, core values of a firm are created internally, but the branding of the promise happens outside.

“In plain french”, l’auteur dit que l’entreprise est définie par les conversations. Les valeurs de base sont définies par l’entreprise, mais le “branding de la promesse” se passe dehors, dans les conversations d’utilisateurs, prescripteurs et d’autres gens.

Si on traduit cette thèse, on pourra dire que les valeurs de base de l’école sont définies par la communauté de l’éducation. Par contre, elle les véhicule, essaye de les vendre comme on vendait les produits et services autrefois : on répète, on crie, on impose le message “l’école est bien pour vous”. C’est sans prendre en compte que l’utilisateur d’aujourd’hui fait parti de cette génération Y ou GenY, qui fonctionne autrement …

Entreprises et Génération Y

Que fait la génération connectée en dehors les horaires scolaires ? “Facebooker”
Dès que ma fille de 14 ans rentre, elle se connecte. Elle va “facebooker” : elle parle, elle échange des informations sur comment interpréter les devoirs, comment s’y prendre, elle parle sans doute aussi de sa journée à l’école avec ses copines. Photos, vidéos, elle fait appel à toutes les applications et média en ligne.

Alors, ne serait-il pas une bonne idée d’être là où sont vos clients, in casu les élèves (et leurs parents !) ?

Il me semble que les profs et les écoles ont quelque chose à gagner qui est indispensable pour faire adhérer leurs élèves au système : la confiance, et ceci se passe par des relations de personne à personne.
Autrement dit : le branding des promesses !

Courbe d’apprentissage et l’imperfection, ou comment gagner du respect
Puisque les écoles et ceux qui y travaillent ont pris un retard remarquable par rapport à leurs élèves dans ce domaine, il y a là une deuxième chance pour devenir une vraie communauté de gens engagés.

On demande aux élèves d’apprendre. On commence à parler de l’apprentissage continu. Mais à l’école, peu sont ceux qui osent montrer qu’ils ont des choses à apprendre… de leurs élèves.
Et pourtant, si l’imitation est une des façons d’apprendre, il manque une brique essentielle à la boîte aux outils de celui qui est ‘devant’ la classe.

Partant du principe que l’élève est, à priori, également un être responsable qui souhaite devenir aussi un adulte équilibré, je pense que ceux qui travaillent dans les écoles ne pourraient que gagner de la conversation continue en-dehors du temps scolaire.

Les modes d’emploi et la valeur ajoutée des générations plus âgées
Lors d’une de mes conférences, un jeune de 20 ans me disait que notre génération a une vraie valeur ajoutée par rapport aux jeunes : celle du sens du long terme et de l’expérience.

Il y a là sans doute quelque chose d’important pour l’école : l’opportunité d’apprendre d’autres, de nouvelles choses, par rapport à l’utilisation des réseaux sociaux, qui rélèvent de notre expérience et champ de vision plus global.

A condition que cette apprentissage se fasse là où les conversations se passent et pas dans un livre ‘comment utiliser les réseaux sociaux’, car c’est complètement inutile.

La force de la conversation dans les méthodes d’apprentissage
L’utilisation d’une plateforme telle que Facebook n’est pas la même que celle de Twitter, par example. Les adolescents ne sont pas les utilisateurs les plus présents sur Twitter. Twitter est plus un canal pour la génération X et les plus âgés parmi nous. Plateforme d’échanges courtes, de veille, d’apprentissage, de branding, de tout un tas de choses qui se font également, mais différemment sur Facebook.

A nos professeurs et autres intervenants au sein de l’école d’apprendre aux jeunes comment une application telle que Twitter leur pourra être utile !

A propos de Twitter, je vous propose de lire ce billet intéressant d’un essai d’intégrer cette application comme mode de travail dans un classe du lycée à La Rochelle !

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