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Innovatie | Innovation

Economie de partage, économie de crowdsourcing, économie nouvelle tout court ?

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Un billet sur un phénomène qui me plaît : l’importance du social, de l’humain et de la générosité dans les nouvelles interactions pilotées par les technologies.  Dans mon billet un sujet pour vous inspirer ce vendredi matin, et un autre pour partager ma colère avec vous. On commence par l’inspiration, car vous en aurez besoin pour donner forme à votre colère (enfin, je l’espère :-).

Le café suspendu… étendu

C’était une tradition ancestrale à Naples, appelée “caffè sospeso“, avec laquelle les Italiens ont renoué en décembre 2011 : on commande deux cafés, un pour soi et un autre pour quelqu’un qui en aurait besoin. Une idée tellement simple, qu’on se demande pourquoi ça ne se fait pas partout et par tout le monde et… dans toutes ses formes pensables. Des initiatives ont été lancées en Bulgarie, aux États-Unis, en Angleterre, bref, le mouvement se propage partout où la pauvreté s’installe.

À vrai vous dire, je ne connaissais pas le principe, mais je découvre ce matin une demande par une amie Facebook néerlandaise pour adhérer à sa page basée sur l’idée de  “vêtement suspendu”. L’idée est globalement la même : vous déposez les vêtements de vos enfants devenus trop petits dans une boutique (ou chez un particulier) et recevez une pièce en échange. Cette pièce, vous pouvez la solder lors de votre prochaine visite, quand il y a des vêtements qui vous plaisent et qui répondent à votre besoin. Mais vous pouvez également choisir de donner votre pièce à quelqu’un qui en a besoin.

Via cette page, j’arrive sur un site néerlandais pour le café suspendu et hopla! je découvre un monde jusqu’à là inconnu pour moi. Alors, il existe déjà un certain nombre d’endroits où les bars adhèrent au principe du café suspendu, mais pas encore à Niort, à ce que je sache. Pouvons-nous lancer un mouvement pour faire adhérer quelques établissements avant la journée mondiale du café suspendu, le 10 décembre ? D’ailleurs, si vous êtes sur Facebook, aimez la page française ici >>.

Un repas suspendu

Voilà que le Belge Éric Duhamel propose la “frite suspendue“, mais avec un petit changement dans la procédure qui m’a touchée : il dit que les vrais démunis ne rentrent que rarement dans les établissements, car ils sont trop timides. Donc, au moment de commander deux frites dans sa friterie, il vous donne un bon qui comporte son adresse et un plan d’accès (!) que vous pouvez donner à quelqu’un dans la rue. Il témoigne de ses contacts avec ces gens, et les histoires qu’ils commencent petit à petit à lui raconter : «Ceux qui viennent chez moi grâce à la “frite suspendue”, ils sont d’abord timides. Y a de la gêne quand même. Puis ils racontent leur histoire. C’est un peu le but aussi : faire connaissance. D’où le coupon : le contact est beaucoup plus fort que quand on donne une pièce de 2€.»

Bon. Via la frite suspendue, le pas vers le repas suspendu est rapidement fait : adhérez à cette page Facebook si vous y croyez ou alors, créez votre mouvement dans votre ville :-). La France est un grand pays non ? On pourrait faire aussi bien que nos voisins, il me semble…

Ce qui nous faut maintenant, c’est une application qui nous indique les établissements adhérents au “café – frite – repas – vêtement suspendu”

 

Crowdfunding

Vous connaissez le crowdfunding ? Le mouvement qui permet aux gens avec des idées, mais sans financeurs de réaliser des projets ? Le crowdfunding, c’est le financement des projets par les pairs, une sorte d’économie horizontale, sans intermédiation des banques ou des instances. Sur la page Wikipédia française, vous trouvez une belle explication du principe et de ses différentes formes. Et vous pensez que c’est encore un petit mouvement des utopistes ? Lisez cet article dans Le Monde sur le CrowdFunding >>.

Et voilà que je découvre encore une fois que la France est un grand pays, mais avec des idées folles dans le mauvais sens : ce matin j’ai lu un excellent billet sur le blog Hashtable, qui me mets légèrement en colère (non, mais…?! :-). Il paraît que notre ministre Fleur Pellerin veut euthanasier le crowdfunding en France. Lisez l’article, et si vous êtes d’accord avec moi, parlez-en autour de vous.

Car si la société a besoin de quelque chose, c’est de l’espace pour tester de nouveaux modèles, sans que les lobbies s’en mêlent tout de suite. Ou, comme le statuait un Conseil National néerlandais : dans une société où l’état se retire, l’état doit laisser plus de place à ses citoyens de trouver des solutions alternatives. Ça, c’est du bon sens.

Mais ceci dit, je crois que le crowdfunding n’est pas une alternative au financement public, mais un complément. Les finalités de ce que les différentes plateformes de crowdfunding peuvent financer, ne sont certainement pas les mêmes. Et puis, il y a des critiques, qui sont bien fondées. Globalement, c’est une idée qui a fait ses preuves, qui rencontre des problèmes, qui peut certainement être améliorée, mais que nous devons pas euthanasier, pour parler avec Alexis Mons.

Car si on croit que la société a besoin de variété, on invente et tente dans des situations de laboratoire et en “real life”. Si on croit que la variété est dangereuse, faut contrôler par des lois.

Et au prochain passage à votre bar préféré, n’oubliez pas de demander au propriétaire d’adhérer au principe du “café suspendu”, le 10 décembre arrive vite :-)!

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Beer Bergman

Consultante, conférencière, formatrice réseaux et médias sociaux et oui, je l'avoue, social media addict.

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