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Du “me place” vers le “we place” : plus qu’un CV en ligne, les réseaux sociaux vous permettent de trouver le bon “match” ! 2/2

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Cet article est la suite d’un premier article sur les RH et un condensé d’une présentation utilisée lors d’une intervention à Sciences Po Avenir à Paris, en juin 2013, sur comment trouver un job ou un stage avec les réseaux sociaux. Plus que juste le CV et la lettre de motivation en ligne, je plaide pour une vraie approche numérique ou alors une stratégie digitale personnalisée, qui permet aux acteurs de mieux cibler et de mieux trouver l’activité qui correspond non seulement avec le parcours éducatif, mais aussi (et surtout ?) avec le profil et les ambitions personnelles de l’intéressé pour trouver le meilleur “match”.

Le CV en ligne, un “me place”
Parmi les gens que je rencontre lors de mes interventions, la plupart n’a pas de profil établi ou actif sur LinkedIn ou Viadeo. Logique pour eux, car si je les ai en tant que stagiaire, leur formation est payée par leur employeur. Parmi les raisons invoquées pour ne pas ouvrir un compte sur un réseau professionnel, figurent “je ne suis pas à la recherche du travail”, “je ne saurai pas quoi faire autrement” ou alors “je suis en fin de carrière”. Ouvrir un compte sur un réseau professionnel tel que LinkedIn ou Viadeo suppose à minima la mise en place de votre parcours : vos formations, vos employeurs, les projets que vous avez menés à bien. Pour le contexte, lisez le premier article sur ce sujet.

Les réseaux professionnels ont plusieurs objectifs : ils complètent les réseaux physiques (tels que les anciens d’une école ou les réseaux du genre Lions Club et Rotary) et ils proposent un endroit où vous mettre en lumière et augmenter vos chances d’être vu, de mettre l’autre en confiance par rapport à vos compétences, savoirs-faire et savoir-être (le fameux triangle “Know – Like -Trust”).

Réseaux sociaux et gestion des carrières | conférence à Sciences Po Avenir | 4/06/2013 from Beer Bergman

Étape 2
Un réseau professionnel est donc plus qu’un simple CV en ligne (étape 1) et l’étape deux consiste à fusionner votre traditionnelle “lettre de motivation” avec votre CV. En effet, aussi bien LinkedIn que Viadeo vous invitent à formuler vos ambitions, vos plus grandes réussites, de parler de vous en termes positifs (mais authentiques !) et quelque part séducteurs.

C’est le moment où les choses se compliquent: formuler ce que vous pouvez représenter pour une entreprise ou alors ce que pourraient être vos ambitions n’est souvent pas dans la culture des Français. Et pourtant, cette démarche peut être importante, aussi bien pour un futur employeur que pour la personne elle-même.

Étape 3
L’étape trois serait de demander des gens de votre ou vos réseau(x) de devenir un “contact”. En fait, LinkedIn et Viadeo sont des réseaux réciproques : l’autre doit confirmer qu’il veut bel et bien appartenir à votre réseau. C’est un aspect important, car il signifie que vous avez l’accord de l’autre. Votre réseau est en fait un réseau “accrédité”. En élargissant votre réseau, vous donnez de la visibilité de celui-ci ; non seulement votre réseau peut avoir un intérêt pour vous-même, mais il se peut que votre réseau soit intéressant pour un de vos contacts. Une façon intéressante et efficace de gagner des points !

Étape 4
Ensuite (quatrième étape), vous allez demander des recommandations et en donner à certains de vos contacts, ce qui fera de vous un expert de votre réseau et de vos sujets. LinkedIn permet également de donner des “points”, un peu comme les “j’aime” pour des mots clés qui constituent votre savoir-faire, et voilà donc deux façons de se faire des “avis clients”.

L’utilisation d’un réseau sociométrique professionnel (LinkedIn, Viadeo) comme décrit ci-dessus, reste une approche que j’appellerai un “me place” : orienté vers soi, dans l’optique d’être vu ou reconnu comme expert par une autre personne et pouvant ainsi accéder à des opportunités professionnelles jusqu’à lors impossible à s’imaginer.

Étape 5 : le CV en ligne + attitude réseau : vers un “we place”
L’étape cinq est importante : c’est de rejoindre des groupes de débat autour des sujets qui vous intéressent. Cette démarche vous permettra d’accéder à des réseaux autres que vos réseaux traditionnels et d’élargir le champ de votre visibilité. Au-delà de cette visibilité, c’est aussi une excellente opportunité pour vous mesurer, et pour démontrer votre professionnalisme et expertise à des pairs. Et pour quelqu’un qui réfléchit pour changer de métier ou de filière, c’est une bonne façon de regarder de près les différentes options, de poser les questions, d’aller au-delà le catalogue des compétences requises.
La démarche des groupes constitue un début du changement de position d’un “me place” vers un “we place”.

Étape 6
Mais vous pouvez aller plus loin. Le profil en ligne aligné avec une vraie attitude digitale, un savoir-faire et savoir-être en ligne, est une étape significative dans un parcours. Au lieu de juste dire ce que vous avez fait et ce que vous pouvez faire, vous allez partager vos connaissances et travaux avec d’autres personnes. Cette démarche peut avoir lieu sur des “owned media” (les plateformes que vous possédez, comme un site web ou un blog). Mais le plus efficace serait de le marier avec les plateformes du genre Facebook, Twitter, Scoop.it, Pinterest et/ou Instagram et gérer le tout ou une partie avec une application tierce, comme Hootsuite.
Une vraie stratégie digitale dans le sens du marketing de la marque MOI. À la grande différence, que vous le faites en partageant vos connaissances et vos travaux avec les autres. Vous êtes dans un “we place”.

Qu’en disent les entreprises ?
En suivant le nombre de gens encore absents des réseaux professionnels, on croirait que les employeurs français ne sont pas encore des convaincus non plus. Il en est autrement ailleurs. Ou en tous les cas, les choses bougent, à croire cet article, qui met en avant la nécessité d’être actif sur les réseaux sociaux, d’avoir un blog, d’investir dans une démarche en ligne. Et il y a des entreprises qui vont plus loin : voici le récit d’un recrutement pour un poste du domaine du “social marketing” : non seulement un profil sur les différents réseaux est requis, mais il doit y avoir un historique et le tout est quantifié. Sans un Klout de 60 ou plus et un “Kred influence score of 725 and outreach of 8″ est obligatoire, sans quoi vous ne serez même pas considéré pour le job. On est loin du débat sur oui ou non un CV anonyme…
(Et pour info, ouf, je pourrai poser ma candidature :-). 

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Beer Bergman

Consultante, conférencière, formatrice réseaux et médias sociaux et oui, je l'avoue, social media addict.

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