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Sur l’éthique politique en ligne : le fameux tweet de Valérie Trierweiler

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La France saura qu’elle a une nouvelle première dame : Valérie Trierweiler ne passe pas inaperçue et elle fait tout pour.
Dernière en date : le tweet, entre eux tours des législatives 2012, qui encourage le rival de la 1ère circonscription en Charente Maritime face à Ségolène Royal, l’ex-compagne du Président François Hollande.

Il a été abondamment commenté par toute la presse en ligne et écrite (à l’exception de Paris Match, qui y consacre peu d’espace, mais c’est peut-être lié au fait que Trierweiler figure sur la liste des salariés…?). Alors, pourquoi y consacrer encore un autre article ?

Parce que ce tweet de “valtrier” nous interpelle : a-t-elle perdu toute contrôle ? S’agit-il d’une acte de vengeance ou d’un différend à régler avec son compagnon ? Je ne sais pas, mais quelque part, je ne peux pas croire qu’elle ne savait pas ce qu’elle faisait, car elle est belle *et* intelligente et il me semble qu’elle a trop d’expérience pour tomber dans ce piège à la Nadine Morano

Sur la condition des femmes en politique
Trierweiler ne cesse de réclamer qu’elle “n’est pas une potiche”, qu’elle doit gagner sa vie pour parvenir à payer celle de ses enfants, et que les femmes françaises comprendront son positionnement (c’est confirmé, ça ?). OK, j’avoue, je suis uniquement femme mais pas française et cela peut être la raison que je ne comprendrais pas les finesses de la condition politique des femmes françaises. D’ailleurs, toujours un effet de culture ?, je suis même un peu fâchée par cette conclusion (à la parisienne ?) d’une femme qui n’est pas une des nôtres, pour au moins la durée du quinquennat de son compagnon.

Allez, faut pas se raconter des histoires entre femmes, Valérie ! Dans la pure tradition française, à “défaut” d’avoir une famille royale, sans pouvoir politique et placée au-delà les intérêts politiques des citoyens, le président de la république doit adopter ce rôle quelque part royaliste (excusez-moi ce jeu de mots). Il se positionne au-delà les intérêts politiques de son camp, il devrait être le président de tous les français (ça me laisse où, d’ailleurs ? :-). Vous n’êtes pas la femme d’un premier ministre tel que le premier ministre danois, suédois ou néerlandais, qui peut se fondre dans le peuple, car juste la femme d’un homme qui a un rôle politique important à jouer. Fallait se rendre compte de cette problématique avant la campagne et se mettre à l’évidence avant l’élection présidentielle. Vous jouez dans la cour des grands maintenant. Qui parmi nous, les autres femmes et les françaises, pourrait aller manger chez Michèle Obama ? Seule vous – et peut-être Carla. Mais certainement pas nous. Voilà, ce qui me semble être une évidence. Ce qui vous permettra, par ailleurs, d’améliorer la vie d’autres femmes “potiches”, par votre influence.

Femmes, couples politiques et journalistes
La question des femmes journalistes compagnons des hommes politiques est déjà largement abordée dans la presse, par exemple dans ce billet de Rue89. Ce n’est pas forcément le sujet de mon blog, sauf si cela touche aux réseaux sociaux. Je partage les doutes des critiques de cette revendication à la “normalité”. Tous les concernés sont privés de leur liberté de parole vous concernant, et tout cela parce que vous souhaitez publier trois articles par mois dans un magazine. Et puis, votre souhait d’exercer le métier de journaliste ne supporte pas très bien les tweets politiques…
Allez hop ! écrivez un livre, ou deux. Pas besoin de beaucoup plus pour gagner votre vie, il me semble. Je les achèterai, promis.

Tweetez, mais pas n’importe quoi, car tout le monde en sort affaibli…
Le tweet en question pose beaucoup de questions, sur le rôle et l’influence d’une première dame, sur le mélange des sphères privées et publiques, sur les liens entre journalistes et hommes politiques et sur les libertés de parole sur les réseaux sociaux.
Une chose est certaine : il n’existe aucune doute sur la rivalité entre les deux dames, variations d’un même genre: influentes, intelligentes, ambitieuses. Mais ce n’est pas exactement le type de tableaux qu’on a envie de voir, nous, les citoyens. Nous voulons croire à une présidence sans failles, qui ne mélange pas les sphères publiques et privées, comme promis par le président actuel.

Mais surtout : les réseaux sociaux ne devraient pas être utilisés pour jouer ce genre de jeux (lire aussi “Le tweet de Valérie Trierweiler, un coup monté !“), car tout le monde en sort affaibli (cf. le tweet de Marine Le Pen).

 

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Beer Bergman

Consultante, conférencière, formatrice réseaux et médias sociaux et oui, je l'avoue, social media addict.

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